La présence de l’ancien président congolais à Goma, ville aujourd’hui associée au siège de l’AFC/M23, continue de susciter interrogations et débats. Dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires persistantes à l’Est de la République démocratique du Congo, ce déplacement ne passe pas inaperçu et alimente de nombreuses spéculations sur ses motivations réelles.
Interrogé à ce sujet, Joseph Kabila adopte une posture à la fois personnelle et politique. Il rappelle d’abord un lien ancien avec la ville : selon ses propos, Goma n’est pas un territoire étranger pour lui, mais un lieu familier, presque intime. « Goma, c’est chez moi », affirme-t-il, précisant qu’il y possède une résidence acquise depuis 1999. Une manière de légitimer sa présence dans cette zone sensible, au-delà des considérations sécuritaires actuelles.
Mais au-delà de cet attachement personnel, l’ancien chef de l’État met en avant un argument plus politique. Il évoque un “acharnement” à son encontre ainsi qu’à l’égard de sa famille politique, qu’il situe à partir de 2019, soit bien avant l’émergence de l’AFC/M23. Par cette déclaration, il semble vouloir dissocier son image et ses actions des dynamiques récentes liées à ce mouvement armé, souvent au cœur des tensions dans la région.
Kabila insiste également sur ce qu’il présente comme un droit fondamental : celui d’échanger avec tous les Congolais, sans distinction. Il défend une approche inclusive, affirmant que le dialogue reste, selon lui, une voie essentielle pour sortir des crises répétées qui secouent le pays. « Être en contact et parler avec tous les Congolais » devient ainsi, dans son discours, une nécessité politique autant qu’un devoir moral.
Enfin, l’ancien président donne à sa présence une dimension presque symbolique. Il parle d’une “mission”, centrée sur la cohésion nationale et la recherche de la paix. Dans un pays profondément marqué par les fractures internes et les conflits armés, ce positionnement se veut rassembleur, même s’il ne manque pas de susciter scepticisme et interrogations chez certains observateurs.
Entre justification personnelle, défense politique et appel à l’unité, cette prise de parole s’inscrit dans un contexte complexe où chaque geste et chaque mot sont scrutés. Reste à savoir si cette démarche contribuera réellement à apaiser les tensions ou si elle alimentera davantage les débats autour du rôle et de l’influence de l’ancien président dans la situation actuelle.
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