Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, est attendu ce mardi 3 juin au parquet général près la Cour de cassation. Cette comparution intervient après l’autorisation formelle de l’Assemblée nationale, accordée le 29 mai dernier, pour l’ouverture d’une instruction judiciaire à son encontre.
Le ministre Mutamba est cité dans une affaire de détournement présumé de fonds publics, portant sur un montant de 39 millions de dollars américains. Ces fonds étaient destinés à la construction d’une prison moderne à Kisangani, un projet emblématique censé renforcer l’infrastructure carcérale dans la région orientale du pays.
Selon des sources judiciaires, cette comparution marque la première étape d’une procédure qui pourrait aboutir à une mise en examen, si les charges sont jugées fondées. L’affaire suscite déjà une vive attention au sein de l’opinion publique, d’autant plus qu’elle concerne une haute personnalité de l’exécutif, censée incarner l’intégrité et la justice.
Pour rappel, la levée de l’immunité parlementaire ou gouvernementale d’un ministre d’État est une procédure rare et politiquement sensible en République démocratique du Congo. Elle traduit la volonté affichée des institutions de lutter contre l’impunité, quel que soit le rang des personnes impliquées.
Aucune déclaration officielle n’a encore été faite par le principal concerné, mais ses proches évoquent une « cabale politique » visant à ternir son image. Le ministre Mutamba pourrait s’exprimer à l’issue de sa comparution, prévue dans la matinée.
L’évolution de cette affaire sera suivie de près par les observateurs de la vie politique congolaise, alors que le pays continue de faire face à de nombreux défis en matière de gouvernance et de transparence dans la gestion des fonds publics.
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