C’est une annonce aussi inattendue que lourde de conséquences : le M23/AFC, mouvement rebelle soutenu par le Rwanda et actif dans l’Est de la République démocratique du Congo, a déclaré ce lundi l’arrivée de l’ancien président Joseph Kabila Kabange dans la ville de Goma, désormais sous son contrôle.
Dans un communiqué diffusé sur ses canaux de communication, le M23/AFC présente Kabila comme un « soldat du peuple », un homme « respecté et respectable ». L’ancien chef de l’État, sénateur à vie depuis la fin de son mandat en 2019, n’a pas encore réagi officiellement à cette déclaration, et aucune image de sa supposée présence à Goma n’a, pour l’instant, été publiée.
Un signal fort, aux contours flous
L’annonce a immédiatement provoqué une onde de choc politique à Kinshasa, dans les cercles diplomatiques, et sur les réseaux sociaux, tant la figure de Joseph Kabila reste centrale dans l’imaginaire politique congolais. Certains y voient une tentative du M23/AFC de se donner une légitimité en s’associant symboliquement à un ancien chef d’État, longtemps resté silencieux sur la crise à l’Est. D’autres redoutent une manipulation ou une mise en scène stratégique.
À ce stade, il est impossible de confirmer la véracité de la présence de Kabila à Goma. Aucun média indépendant, ni les autorités gouvernementales, n’ont encore vérifié ou confirmé cette information. L’absence d’images renforce le flou autour de cette annonce.
Un climat de tension déjà élevé
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions extrêmes à l’Est du pays, où les affrontements entre le M23/AFC et les FARDC se poursuivent, malgré les appels au cessez-le-feu. Le mouvement rebelle, appuyé militairement par le Rwanda selon les Nations Unies, contrôle une partie importante du Nord-Kivu, notamment les abords de Goma.
Pour certains analystes, cette annonce pourrait être un coup de communication destiné à déstabiliser davantage le pouvoir de Kinshasa, en introduisant la figure de Kabila comme un potentiel acteur parallèle, voire un soutien tacite. D’autres estiment qu’il s’agit d’une opération de propagande visant à brouiller les cartes à la veille d’éventuelles négociations ou d’un tournant militaire.
Silence du côté de Kingakati
À l’heure où ces lignes sont écrites, aucun porte-parole de Joseph Kabila, ni du PPRD, n’a confirmé ou infirmé l’information. Le silence du camp Kabila ne fait qu’alimenter les spéculations. L’ancien président, retiré de la scène politique depuis plusieurs années, n’avait jusque-là fait aucun commentaire public sur le conflit opposant les FARDC au M23.
Et maintenant ?
En l’absence de preuve visuelle ou de confirmation officielle, la déclaration du M23/AFC reste sujette à caution. Mais elle révèle une chose : le conflit dans l’Est de la RDC n’est pas qu’une affaire militaire, il est aussi devenu un champ de bataille politique et symbolique.
Rédaction

