La promesse de gratuité des soins de maternité, portée avec fierté par le président Félix Tshisekedi, traverse aujourd’hui une zone de turbulences. Dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo, des structures hospitalières annoncent la suspension partielle ou totale de ces services en raison du non-paiement des subventions par l’État.
Des hôpitaux à bout de souffle
Depuis plusieurs mois, de nombreux centres de santé dénoncent le non-versement des fonds destinés à couvrir les accouchements et les soins postnataux dans le cadre de la politique de gratuité. Une situation qui met les structures sanitaires dans une impasse. Faute de ressources pour payer le personnel, renouveler les médicaments ou assurer les consommables médicaux, certaines maternités ont été contraintes de fermer temporairement leurs portes ou de réintroduire des frais à la charge des patientes.
« Nous avons tenu aussi longtemps que nous avons pu, mais aujourd’hui, nous ne pouvons plus continuer à travailler à perte. Nous n’avons reçu aucun appui de l’État depuis plusieurs mois », confie un médecin-chef d’un hôpital de Kinshasa, sous couvert d’anonymat.
Une promesse présidentielle mise à mal
Lancée en grande pompe comme l’un des symboles de la « révolution sociale » promise par le président Tshisekedi, la gratuité de la maternité visait à réduire la mortalité maternelle et néonatale, particulièrement élevée en RDC. Le programme, salué au départ pour ses ambitions humanitaires, semble désormais buter sur un mur budgétaire.
Des voix s’élèvent au sein de la société civile et du personnel soignant pour dénoncer une initiative mal planifiée et insuffisamment financée. « On ne peut pas décréter la gratuité sans garantir une ligne budgétaire claire, durable et transparente », soutient une représentante d’une ONG spécialisée en santé communautaire.
Des conséquences graves pour les femmes enceintes
La suspension de la gratuité met directement en danger les femmes enceintes, en particulier dans les milieux ruraux et les zones urbaines défavorisées. Plusieurs cas de complications non prises en charge ont été rapportés, faute de moyens pour payer les frais réintroduits dans les structures concernées.
« Je suis venue accoucher et on m’a dit que la gratuité n’est plus effective. Je n’ai pas d’argent pour payer la césarienne. Que vais-je faire ? », s’alarme une patiente rencontrée devant un hôpital public.
Le silence du gouvernement interroge
Face à cette crise, le gouvernement reste discret. Aucun plan de décaissement d’urgence ou de relance du programme n’a encore été annoncé officiellement. L’inaction des autorités inquiète, alors même que ce programme symbolisait une volonté de rupture avec les politiques sanitaires passées.
Dans un contexte socio-économique tendu, cette situation relance le débat sur la faisabilité des promesses sociales faites en période électorale, sans une vision claire de leur financement à long terme.
Rédaction

