C’est une annonce qui ne laisse personne indifférent. Lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, Deo Kasongo, publicitaire et organisateur des festivités du 50ᵉ anniversaire du combat historique Ali–Foreman, a révélé que le Stade Tata Raphaël portera désormais le nom de « Stade Ali et Foreman » à partir du 30 octobre prochain.
Cette décision, pour le moins surprenante, a immédiatement suscité une vague de réactions dans les milieux académiques, culturels et religieux. Et pour cause : le stade du 20 Mai, rebaptisé Stade Tata Raphaël en 1997 par le président Laurent-Désiré Kabila, rendait hommage au Père Raphaël de la Kethule, un prêtre belge qui avait consacré sa vie à l’éducation et à la formation de la jeunesse congolaise, notamment à travers la création de nombreuses écoles à Kinshasa.
Pour beaucoup, effacer ce nom chargé d’histoire nationale au profit de deux icônes étrangères, Muhammad Ali et George Foreman, qui n’ont plus remis les pieds au Congo depuis leur légendaire combat de 1974, relève d’un manque de reconnaissance envers la mémoire nationale.
« Qui est Deo Kasongo dans ce pays pour débaptiser un stade national ? », s’est indigné un prêtre contacté par notre rédaction.
Entre hommage international et controverse mémorielle, cette décision relance le débat sur la préservation du patrimoine historique congolais face aux logiques d’événements et de communication.
Rédaction

