Dans une ordonnance-loi signée le 14 mars 2026, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé la création d’un Tribunal pénal économique et financier. Cette nouvelle juridiction aura pour mission principale de réprimer les infractions économiques et financières en République démocratique du Congo, un fléau qui freine depuis des décennies le développement du pays.
Pour Me Gisèle Ngungua Sangua, avocate au barreau du Haut-Katanga et près la Cour pénale internationale (CPI), cette décision présidentielle constitue une avancée majeure dans la lutte contre l’impunité. « J’estime que cette nouvelle ordonnance tombe à pic », affirme-t-elle, soulignant le contexte actuel marqué par une recrudescence des crimes économiques et une exigence croissante de transparence dans la gestion des ressources publiques.
Selon elle, la mise en place de ce tribunal spécialisé pourrait renforcer l’efficacité du système judiciaire congolais, souvent confronté à des limites structurelles et techniques dans le traitement des dossiers complexes liés à la corruption, au détournement de fonds publics et au blanchiment d’argent. En centralisant les compétences et en spécialisant les magistrats, cette juridiction offrirait une réponse plus adaptée aux enjeux économiques contemporains.
Me Ngungua Sangua insiste également sur l’importance de garantir l’indépendance et les moyens de fonctionnement de cette nouvelle institution. « La réussite de ce tribunal dépendra de la volonté politique de le doter de ressources suffisantes et de protéger les magistrats contre toute pression », explique-t-elle.
En saluant cette ordonnance, Me Gisèle Ngungua Sangua appelle toutefois à une mise en œuvre rapide et efficace afin que cette juridiction ne reste pas une simple annonce, mais devienne un véritable outil de transformation du paysage judiciaire et économique du pays.
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