Au cœur d’un procès aussi surréaliste que sensible, l’ex-président Joseph Kabila est accusé de trahison avec, à la clé, une somme astronomique de 24 milliards de dollars réclamée comme dommages. Mais au fil des audiences, le scénario bascule : l’homme qu’on jugeait pour avoir trahi son pays est soudain présenté comme un espion ayant usurpé la nationalité congolaise.
Un paradoxe troublant : comment peut-on trahir un pays dont on ne serait même pas citoyen ?
C’est cette contradiction que souligne Richard Muyej Mangeze Mans, ancien Gouverneur du Lualaba, dans une réaction à la fois lucide et amère. Le ministère public affirme que Kabila est bien Congolais. De l’autre côté, la partie civile le voit comme un agent double, au service d’intérêts étrangers.
Ajoutons à cela un autre paradoxe démocratique : l’État congolais se retrouve à jouer le rôle de victime, de juge et d’accusateur. Un mélange des genres qui interroge la solidité de nos institutions et la sincérité de la procédure.
Muyej résume la situation d’une phrase choc :
« Une pièce de théâtre où l’identité du protagoniste change selon les besoins du scénario. »
Justice ou tragédie nationale ? En RDC, même les procès semblent suivre la logique imprévisible d’un feuilleton. Mais ici, c’est l’avenir d’un pays, et la crédibilité de sa justice, qui sont en jeu.
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