Dans dix jours, cela fera exactement quatre mois que le corps du général Peter Cirimwami, ancien gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, repose à la morgue de l’Hôpital du Cinquantenaire à Kinshasa. Décédé sur la ligne de front alors qu’il dirigeait les opérations militaires contre les groupes armés dans l’Est de la République démocratique du Congo, le général Cirimwami n’a toujours pas bénéficié d’un programme officiel d’obsèques.
Une situation qui suscite incompréhension, malaise et colère, tant dans les rangs de l’armée que parmi la population du Nord-Kivu, où le général jouissait d’un certain respect pour son engagement sur le terrain.
Une attente qui dure
Depuis l’annonce de sa mort, des hommages spontanés avaient été rendus dans plusieurs villes de l’Est du pays. Beaucoup s’attendaient à des funérailles d’État à la hauteur du rang et des services rendus par cet officier supérieur des FARDC. Mais près de quatre mois plus tard, rien n’a été officiellement annoncé par les autorités.
Des sources au sein de l’armée évoquent des « blocages administratifs » ou des « considérations politiques », tandis que d’autres estiment que les circonstances sensibles de son décès pourraient en être la cause. Officiellement, aucune explication n’a été fournie.
Un silence pesant
Dans sa province d’origine, les appels à l’organisation de funérailles dignes se multiplient. Des voix s’élèvent, dénonçant ce qu’elles considèrent comme une forme d’oubli inacceptable. « C’est une question de respect pour les hommes et femmes en uniforme. On ne peut pas laisser un officier mourir pour la patrie et laisser son corps sans honneurs pendant des mois », s’indigne un député du Nord-Kivu, sous couvert d’anonymat.
Sur les réseaux sociaux, les internautes congolais ne cachent pas leur frustration. Hashtags et publications se multiplient pour exiger la vérité et une prise de position rapide des autorités.
Un test pour l’État congolais
La gestion du décès du général Peter Cirimwami devient peu à peu un test pour les autorités congolaises. Au-delà de la douleur des proches, c’est aussi toute la symbolique du respect envers les Forces armées qui est en jeu. À quelques jours de cette date symbolique du 19 mai, une décision officielle est attendue avec insistance.
Rédaction

