Une enquête publiée par le média local Swaziland News révèle que le Mswati III, roi d’Eswatini, aurait accordé la citoyenneté eswatinienne, puis un passeport diplomatique à l’ancien président Congolais, Joseph Kabila, en marge des procédures légales habituelles.
Selon les documents internes consultés, l’opération aurait été menée sur instruction directe du souverain, via le Conseil de la citoyenneté, ce qui aurait permis à Kabila de se voir délivrer en urgence ses papiers d’identité.
Un voyage confirmé avec le nouveau document
Les registres d’immigration d’Eswatini montreraient qu’un voyage au départ d’Eswatini a été effectué par Joseph Kabila le 29 novembre 2025, depuis King Mswati III International Airport, effet probable de ce passeport diplomatique.
Selon l’enquête, il s’agirait de la première utilisation officielle de ce document, dont les références n’ont pas été rendues publiques pour “raisons de sécurité”.
Silence et dénégation officielle
Interrogé sur l’affaire, le porte-parole du roi a déclaré ne pas avoir connaissance de cette naturalisation. Il a néanmoins insisté sur le fait que des demandes de citoyenneté viennent régulièrement de l’étranger sans confirmer ni infirmer l’existence d’un dossier pour le congolais, Joseph Kabila.
Selon lui, “si c’était confirmé”, cela ne représenterait “pas un cas exceptionnel”.
Enjeux judiciaires et diplomatiques : un contexte explosif
Cette révélation survient dans un contexte pour le moins sensible. En 2025, la justice congolaise a levé l’immunité de Joseph Kabila, ouvrant la voie à des poursuites pour des accusations graves incluant trahison et crimes de guerre.
De ce fait, l’hypothèse d’un passeport diplomatique étranger (délivré par Eswatini) pourrait compliquer sérieusement son éventuelle extradition ou tout retour en RDC. Par ailleurs, l’attribution d’une nationalité étrangère à un ancien chef d’État poursuivi dans son pays soulève de graves questions de légitimité, de souveraineté et de respect des lois nationales et internationales.
Ce que réclame l’opinion publique, et ce qu’il reste à vérifier
Face à ces allégations, plusieurs voix appellent à la transparence. Elles demandent la publication des documents originaux relatifs à la naturalisation ( notamment le décret royal, le dossier du Conseil de la citoyenneté, ainsi que les références du passeport diplomatique ) pour permettre une vérification indépendante.
Jusqu’à ce que ces pièces soient rendues publiques, l’affaire reste « officiellement » une suspicion grave mais non confirmée. Mais elle ravive un débat fondamental : jusqu’où un État étranger peut-il conférer des privilèges diplomatiques à une personnalité poursuivie dans son pays d’origine, et quel impact sur la justice et la dignité nationale ?
Rédaction

