La capitale nigériane, Abuja, pourrait bientôt connaître un bouleversement diplomatique majeur. Le gouvernement du Nigéria a menacé de fermer 34 ambassades étrangères installées sur son sol, dont 14 missions africaines, pour des loyers impayés remontant à plus de 11 ans. Parmi les représentations concernées figure l’ambassade de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon des sources proches du ministère nigérian des Affaires étrangères, ces ambassades accumulent depuis plus d’une décennie des arriérés de paiement sur les bâtiments qu’elles occupent. Certaines d’entre elles n’auraient jamais réglé un seul loyer depuis leur installation dans la capitale fédérale.
Des pénalités de plusieurs millions de nairas
Outre la menace de fermeture, des pénalités financières lourdes sont en jeu. Les ambassades fautives s’exposent à des amendes allant de 2 à 3 millions de nairas (environ 1 300 à 2 000 dollars américains), selon les estimations officielles. Le gouvernement nigérian affirme que cette situation nuit à la gestion immobilière de l’État et crée un précédent diplomatique jugé intenable.
Un haut responsable du ministère, sous anonymat, a déclaré : « Nous avons été patients, mais cela ne peut plus durer. Aucun autre pays ne tolérerait qu’autant de missions diplomatiques occupent des locaux pendant plus d’une décennie sans rien payer. »
L’ambassade de la RDC pointée du doigt
La présence congolaise au Nigéria est directement visée par cette mesure. L’ambassade de la RDC, située à Abuja, figure sur la liste des missions ayant accumulé des impayés depuis 11 ans. Les autorités nigérianes auraient tenté à plusieurs reprises d’engager un dialogue pour trouver une solution amiable, sans succès.
Cette situation pourrait provoquer un incident diplomatique si les mesures sont mises à exécution. Du côté de Kinshasa, aucun commentaire officiel n’a encore été émis sur la question.
Une diplomatie sous pression
Pour le Nigéria, cette décision s’inscrit dans une volonté de mettre de l’ordre dans la gestion de son patrimoine immobilier, en particulier dans la capitale. Plusieurs bâtiments diplomatiques seraient dans un état de dégradation avancée, faute d’entretien, et certains seraient même sous-loués illégalement, selon un rapport interne.
Cette menace de fermeture est donc perçue comme un signe de fermeté de l’administration du président Bola Ahmed Tinubu, qui souhaite également revoir les termes de location et de présence diplomatique sur le territoire nigérian.
Quelle suite possible ?
Pour éviter une rupture des relations avec certains pays partenaires, le Nigéria pourrait proposer des moratoires ou un plan de paiement échelonné. Mais Abuja l’a répété : les ambassades qui ne régulariseront pas leur situation s’exposeront à une expulsion pure et simple.
En attendant, la communauté diplomatique à Abuja est en alerte. Ce bras de fer inédit entre le Nigéria et plusieurs chancelleries africaines risque de laisser des traces dans les relations bilatérales et régionales.
Rédaction
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