Le Village des Opportunités, officiellement lancé avec éclat par la Première ministre Judith Suminwa, suscite déjà une vague de critiques. Porté par la ministre de la Jeunesse Grâce Émie Kutino, le projet promettait de rapprocher les jeunes Congolais d’outils concrets pour l’emploi et l’entrepreneuriat.
Mais sur le terrain, la réalité décrite par plusieurs participants semble très éloignée des ambitions annoncées.
Un dispositif jugé insuffisant
D’après de nombreux visiteurs interrogés, l’événement, installé au cœur de Kinshasa, manquait cruellement d’organisation. À peine trois entreprises auraient été visibles, dont l’Office National de l’Emploi (ONEM) chargé d’enregistrer les demandeurs d’emploi.
Aucun parcours d’orientation, ni espace d’information structuré, n’aurait été mis à disposition.
Plusieurs participants affirment également ne pas avoir retrouvé les dispositifs évoqués en amont : pas d’accompagnement pour les jeunes entrepreneurs, pas de mécanismes de financement, ni les programmes d’incubation annoncés.
Entre préservatifs et grillades, où sont passées les opportunités annoncées ?
Là où les visiteurs s’attendaient à découvrir des stands dédiés aux opportunités professionnelles, beaucoup disent avoir trouvé des distributions de préservatifs, de cartes SIM, ainsi que des points de vente de boissons, grillades et beignets.
Un décalage qui a donné à l’événement, selon leurs mots, “un air de kermesse”, loin de l’esprit d’un salon d’opportunités économiques.
Cette situation a généré frustration et colère parmi les jeunes invités, nombreux à espérer obtenir des informations concrètes pour leur insertion professionnelle ou la création d’entreprise. À la place, plusieurs affirment être repartis avec l’impression d’avoir assisté à une fête improvisée plutôt qu’à un rendez-vous stratégique pour leur avenir.
Une polémique de plus autour d’un projet jeunesse
Alors que le ministère de la Jeunesse veut faire de ce type d’initiatives un levier majeur d’émancipation, cette polémique relance le débat sur la qualité et la préparation des programmes destinés aux jeunes.
Contactée, la tutelle ne s’est pas encore exprimée sur les critiques formulées par les participants.
Rédaction

