Le ton est grave, le verbe acéré. Dans une déclaration virale publiée sur les réseaux sociaux, Ferdinand Kambere, cadre influent du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), s’est exprimé avec une rare intensité sur la situation politique et judiciaire actuelle en République Démocratique du Congo. Ciblant à la fois le Ministre de la Justice, Me Guillaume Ngefa, et le Président Félix Tshisekedi, il lance une véritable alerte sur le devenir de l’État de droit en RDC.
Un soutien inattendu au ministre de la Justice
Tout part d’un post Facebook partagé massivement ce matin, dans lequel le ministre d’État à la Justice, Me Guillaume Ngefa, dénonce la corruption de certains avocats représentant la République dans le cadre du procès lié à l’ancien Président Joseph Kabila.
Ferdinand Kambere salue ce qu’il qualifie de « cri du dénouement de la crise congolaise », et voit dans cette prise de parole du ministre un tournant décisif pour le pays. Il rappelle le parcours engagé de Me Ngefa, ancien président de l’AZADHO, puis de l’ASADHO, et figure emblématique des droits humains depuis l’époque du Zaïre.
« Votre rôle n’est pas de couvrir les dérives, mais d’alerter, de conseiller et de protéger la Constitution, comme vous venez de le faire. »
Kambere va plus loin : pour lui, si cette dénonciation est sincère, alors le Ministre de la Justice entre dans l’histoire comme un acteur fondateur du véritable État de droit congolais.
Un avertissement direct au Président Tshisekedi
Mais la déclaration prend une tournure plus tranchante lorsqu’il s’adresse directement au Chef de l’État. Kambere accuse l’entourage présidentiel de manipulation, d’injustice, et d’accords opaques avec Kigali et Kampala, en dehors de tout cadre légal.
« L’heure est venue de choisir, Monsieur le Président », avertit-il. « Ou vous écoutez cette alerte salutaire, ou vous répétez l’erreur de Tunda ya Kasende, en écartant la voix de la vérité. Mais alors, ce serait une erreur fatale. »
Il dénonce également une tentative de marginalisation du Président de l’Assemblée nationale, qui ne se prêterait pas, selon lui, aux « aventures anticonstitutionnelles » liées à un hypothétique troisième mandat présidentiel.
« Le peuple n’est pas dupe »
Dans ce discours chargé de symbolisme, Ferdinand Kambere évoque la faim, les massacres, les pillages et la souffrance du peuple face à ce qu’il décrit comme une élite politique déconnectée et repliée sur des stratégies de survie.
« Le vrai traître à la République, ce n’est pas l’opposant, le syndicaliste ou le citoyen lambda. C’est celui qui pactise dans l’ombre et refuse le débat dans la lumière. »
Et d’ajouter une mise en garde directe à Félix Tshisekedi : ne pas répéter les erreurs de Mobutu, dont la chute brutale reste un traumatisme national.
Une fin de message théâtrale : « Je suis parti ! »
Fidèle à son style, Ferdinand Kambere termine sur une note dramatique, presque théâtrale :
« Je suis parti ! »
Une manière de prendre de la distance tout en laissant derrière lui un message lourd de conséquences et de réflexions pour la suite du mandat présidentiel.
Rédaction

